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Souvenirs doux amers


La mer noire, Kéthévane Davrichewy, Paris : Sabine Wespieser, 2010. 214 p. 20 €

Dans son appartement parisien, une vieille femme attend toute sa famille, trois générations, pour son anniversaire. Les souvenirs aussi sont invités, et même s’ils ne le sont pas, ils sont du genre à s’imposer. Souvenirs de la Géorgie d’avant l’arrivée soviétique, souvenirs d’exil. Souvenirs d’un amour de jeunesse, une étoile filante qui, à plusieurs reprises, a retraversé le ciel de sa vie. Et qu’elle attend ce soir, pour une dernière apparition, sans savoir si elle le souhaite ou le redoute. La mer noire est aussi l’évocation d’un pays, la Géorgie, d’une culture que nous connaissons si mal, confondue avec son voisin ennemi russe auquel elle a pourtant donné le pire de ses chefs : Staline. Comme toujours, dans les choix éditoriaux de Sabine Wespieser, voici un roman à l’écriture magnifique, ciselée, fidèle à son propos, sans pathos excessif. Juste. Un roman sur la mémoire, cette petite fable fragile que nous bricolons tant bien que mal pour nous convaincre que nous avons vécu, et qu’il nous aura été offert d’être heureux, ou de surmonter les épreuves.

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