top of page
Mon voisin, c'est quelqu'un

Mon voisin, c'est quelqu'un

15,00 €Prix

Le titre de ce roman, je le dois à Raymond Devos et à son excellent sketch : «Mon chien, c’est quelqu’un». Il s’inscrit dans une de mes préoccupations fondamentales : l’extrême droite, le fascisme et l’incroyable fascination que celui-ci exerce sur les gens.

Le cours que je donne à l’Ihecs, sur l’histoire de la révolte et des révolutions, m’a permis d’approfondir cette question. Si la fascisme plaît, c’est d’abord parce qu’il joue sur l’émotion plus que sur la raison. C’est aussi parce qu’il propose des réponses simples à des questions complexes. C’est enfin parce qu’il est à la fois une révolution complète (éthique, politique, esthétique) et la mise en place d’un ordre total. Les révolutions française et russe sont, dans un premier temps, des moments de chaos, de désordre, et elles connaissent une contre-révolution. Le nazisme et la fascisme arrivent comme des «metteurs d’ordre» dans le chaos d’une démocratie déficiente.

Le populisme d’aujourd’hui n’est pas exactement le même que celui qui a conduit Hitler et Mussolini au pouvoir, mais on retrouve les mêmes éléments, dont l’utilisation de ce qui se fait de mieux en termes de techniques de communication. Dans le roman, Jorg von Elpen (toute ressemblance avec Jorg Heider ou Jean-Marie Le Pen est absolument voulue et assumée) recourt à une nouvelle technique de manipulation d’images qui, si elle n’est pas encore tout à fait possible aujourd’hui, le sera certainement dans un avenir proche.

Mais le succès du fascisme ne s’explique pas seulement par le charisme d’un chef.

Il y a tout d’abord ceux par qui le fascisme arrive : les gens ordinaires qui non seulement votent pour ce leader, mais aussi qui lui offrent la main d’oeuvre nécessaire pour préparer cette accession au pouvoir.

Il y a aussi l’opinion et la presse qui, d’une manière ou d’une autre, font le lit du populisme, même quand elles croient s’y opposer. Car c’est une des forces du populisme, que de retourner les attaques en sa faveur. Dans le roman, Thomas, le journaliste incorruptible, verra son intransigeance se retourner contre lui.

Le dernier chapitre m’a systématiquement valu des questions dans les classes : que s’y passe-t-il ? Michel Lisse, dans sa lecture de l'édition "Espace Nord", proposait une piste intéressante. De toute manière, il suffit de lire ; c’est aussi terrible et simple que ça…

Quantité
bottom of page